À la veille d'une journée de mobilisation

Chers amis,

À la veille d’une nouvelle journée de mobilisation, je souhaitais vous donner ma perception de la situation.

Depuis quelques semaines, des Français font connaître leur colère, d’abord sur les réseaux sociaux face à la hausse des carburants puis maintenant sur la voie publique, avec des aspirations multiples. Cette colère exprimée par les Français n’est ni à sous-estimer, ni à stigmatiser.

Pour y remédier, le gouvernement et sa majorité souhaitent avant toute chose, porter un message d’écoute et d’ouverture, pour mieux cerner les difficultés exprimées et y apporter des réponses quand cela est possible. C’est notamment le sens des mesures annoncées par le gouvernement : prime de reconversion, chèque énergie, bonus écologique, indemnité kilométrique etc. 

La colère des Français tient aussi au sentiment de délaissement de certains territoires, que ceux-ci soient ruraux ou périurbains. Ce sentiment de relégation doit être absolument combattu. Il touche à l’intime et à ce qui fait le quotidien d’une personne ou d’une famille. Je ne pourrai aucunement négliger ou ignorer cette inquiétude grandissante qui naît lorsqu’une école ferme, lorsque les moyens de mobilité alternative n’existent pas ou lorsque l’accès à l’emploi ou aux loisirs sont restreints. 

L’espérance d’un avenir meilleur pour ses enfants transcende les clivages et les générations. L’inquiétude que cela ne puisse se réaliser est compréhensible. Elle nous alerte et nous oblige.

En Essonne par exemple, la question des transports est essentielle pour y répondre. J’y serai personnellement très attentive dans le cadre du projet de loi mobilité et dans celui de sa mise en œuvre au niveau régional. 

Le Président de la République a été élu dans une situation déjà extrêmement tendue. Celle ci résulte des fractures que crées aujourd'hui des phénomènes tels que la mondialisation ou le numérique. Trop de fois les majorités précédentes, elles-mêmes confrontées à ces difficultés,  ont décidé de changer de cap, voire d’abandonner. C’est aussi le fruit de ces renoncements dont nous héritons aujourd’hui, et auxquels nous faisons face et qui ont entrainé une forte abstention et le vote en faveur des extrêmes.

Il n’est pas question pour nous de renoncer aux engagements sur lesquels le Président et notre majorité ont été élus. Renoncer ne serait que repousser les problèmes existants au lendemain. Le prix à payer alors en serait bien plus grand, que ce soit en matière de justice sociale ou encore de transformation écologique.  

Il n’est pas question non plus, de rester sourds, aveugles et muets face à cette colère qui transcende les clivages. Nous sommes responsables face à elle et face au peuple français. Mon message ce soir ne porte aucun jugement mais est un appel à l’apaisement et au discernement. Nous ne sommes pas - comme j'ai pu le lire sur une banderole - des pourris. Nous sommes des citoyens qui se sont mis au service du pays et des Français le temps d’un mandat. Nous sommes des élus à l’écoute de citoyens en colère, mais appelons collectivement, à la retenue et au sens de l’intérêt général. Celui-ci implique d’exercer son droit de contester et de manifester, de façon pacifique. 

Bien à vous
Marie Guévenoux

Députée de la 9ème circonscription de l'Essonne
Secrétaire de l'Assemblée nationale