La loi anti-casseurs votée à l'Assemblée nationale

Cher(e)s ami(e)s, 

Cette semaine, nous avons adopté la loi anti-casseurs à l'Assemblée nationale. Celle-ci ayant suscité de nombreux commentaires, je pense utile d'y revenir. 

Avec cette loi nous apportons une réponse ferme aux violences inacceptables qui se sont déroulées lors des manifestations de ces dernières années et de ces derniers mois. Les mesures que nous prenons sont ciblées et visent à bien distinguer un manifestant qui exerce son droit d'exprimer son opinion de celui qui n'a que pour objectif de détruire, voler, blesser. 

Cette loi comporte 3 mesures principales : le principe casseur-payeur pour que celui qui casse une vitrine paye les dégâts et que ce ne soit pas au commerçant (ou aux contribuables) d’avoir à le faire. Il est désormais interdit d'être cagoulé lorsque l'on manifeste et nous interdisons à un individu qui a cassé un abribus la semaine précédente de revenir en casser un la semaine suivante.  Ce sont des mesures de bon sens.

Nous les avons largement réécrites par rapport à la version du Sénat afin qu'elles ne soient pas attentatoires aux libertés publiques. Je pense notamment à l'utilisation disproportionnée des périmètres de sécurité ou aux conditions trop imprécises de l'interdiction de manifester. 

De plus, j'entends depuis quelques jours que l'usage du Lanceur de Balles de Défense (LBD) et les blessures qu'il occasionne font débat. J'ai bien conscience des images choquantes que nous avons pu voir à la suite de leur utilisation, et croyez bien que je les déplore.

L'utilisation prévue des LBD est circonscrit à un usage purement défensif. S'il y a autant de blessés c'est aussi faute d'encadrement, de service d'ordre et cela est aussi dû au parasitage de ces manifestations par certains individus très violents... Les forces de l'ordre se retrouvent alors régulièrement au contact de personnes très agressives et donc dans l'obligation de riposter et d'aller au contact. 

Dans ces conditions, la bonne méthode est à la fois :

- de donner des outils législatifs à la puissance publique pour pouvoir isoler les cas les plus violents ; c'est le cas de cette loi anti-casseurs 
- de porter un regard critique sur l'utilisation des LBD en éclairant les faits, c'est le cas avec la pose des caméras sur chaque policier qui les utilise décidée il y a quelques semaines par le Ministre de l'Intérieur. C'est aussi le cas, avec les différentes enquêtes internes qui permettent aussi de déterminer si des manquements ont pu avoir lieu
- de se poser des questions - au vu des nouveaux usages des manifestants - de la nécessité de faire évoluer notre pratique en matière de maintien de l'ordre. Je pense notamment aux sommations dont on doit s'assurer qu'elles sont bien comprises du plus grand nombre. 

Enfin, je terminerai ce propos en saluant l'engagement de nos policiers et de nos gendarmes qui exercent leur mission de protection des Français - bien au delà des manifestations - dans des conditions bien souvent difficiles et qui ont besoin de soutien de chacun d'entre nous. 

Enfin, j'étais hier soir à la réunion Grand Débat organisée par la Maire de Saint-Pierre-du-Perray avec une centaine d'habitants. J'ai trouvé nos échanges très riches, constructifs et respectueux de chacun. Je vous encourage à vous rendre aux réunions organisées dans notre circonscription, la prochaine est organisée par le maire de Varennes-Jarcy et aura lieu mercredi 13 février à 20h30 à la salle des associations. A l'issue des réunions auxquelles je participerai sur notre circonscription, je partagerai avec vous la restitution que je ferai au Président de la République et au Premier Ministre. En attendant, je vous encourage à participer aux réunions ou à contribuer directement sur le site du grand débat : https://granddebat.fr/. 

Bien à vous tous, 
Marie Guévenoux 
Députée de la 9e circonscription de l'Essonne 
Secrétaire de l'Assemblée nationale